
By Anna Halpern
December 31, 2023
Qu’est-ce que l’Union Européenne? Cette question devient de plus en plus cruciale avec la montée au pouvoir de partis d'extrême droite qui ne soutiennent pas forcément l’UE et qui divisent l’Union de plus en plus. Le Brexit était un premier signal très flagrant et un “wake up call” pour l’Union Européenne, mais la question de sa viabilité et de son futur est de plus en plus pressante. Entre ceux qui prônent une centralisation et un fédéralisme Européen et ceux qui veulent sa dissolution, où va t-on?
Cette question de la structure européenne est apparue après la chute de l’Union Sovietique et l'expansion sans précédent de l'Union Européenne vers l’Est avec notamment l’élargissement de 2004 à 10 pays, passant de 15 à 25 membres. Cet élargissement est un moment charnière pour l’opposition à l'Europe, car il a permis de développer la notion que l’Europe avait perdu son but/raison d’être d'après-guerre et s'était élargie à des pays ayant une histoire politique et une économie très différente. A cela s'ajoutent les crises migratoires et économiques auxquelles toute l’Europe fait face, surlignant des divisions de fond. Ces divisions sont les fondements des tiraillements que l’on peut observer aujourd’hui.
Je me dois de souligner que je ne peux pas répondre à cette question, mais il faut les garder en tête en regardant la montée historique de l’extrême droite en Europe. En effet, l’année 2022 seule a vu Giorgia Meloni monter au pouvoir en Italie, le grand succès du bloc d'extrême droite en Suède ainsi qu’un score historique pour le Rassemblement National en France. Les finlandais et les néerlandais ont eux aussi témoigné une montée de l'extrême droite en 2023. Ceci a des impacts non seulement sur la politique de ces pays, notamment en Italie où le débat fait rage sur les propositions de changement de la constitution amenées par le gouvernement Meloni, mais aussi sur l’Union Européenne.
En effet, l’UE apparaît de plus en plus divisée. Face à la guerre en Ukraine et à la problématique migratoire, les pays européens se divisent entre les pays gouvernés par l'extrême droite et le reste de l'Europe. Cette divergence fait aussi et surtout rage sur les sujets de la démocratie et la protection des libertés fondamentales avec l’affrontement entre l’Union Européenne et la Hongrie et la Pologne au sujet de tendances autoritaires que ces pays ont progressivement adoptées (notamment la libertée de la presse et la séparation des pouvoirs sont sous pression), culminant en une confrontation juridique. En de tels temps, des questions se posent sur la viabilité de l’UE telle qu’on la connaît.
Néanmoins, il serait trop facile de blâmer l'extrême droite pour tous les maux de l'Europe. En effet, les ressentiments se sont fait sentir de toutes parts, notamment après 2008 dans les pays d’Europe de l’ouest tels que la Grande Bretagne dont la population avait le sentiment de trop cotiser et de ne pas en bénéficier autant, créant la base de l’argument pro-Brexit. D’autant plus que la tendance vers la droite n’est pas universelle dans les pays membres avec l’exemple de l’élection de Donald Tusk, du parti pro-UE, comme premier ministre en Pologne, un changement radical par rapport à la dernière administration.
Prenant tous ces éléments en compte, il est possible de voir l'extrême droite non pas comme le mal mais simplement un des symptômes d’une Europe fragmentée et dont une grande part des populations doutent aussi. Ces doutes vont très certainement influencer les résultats des élections européennes de juin.
