
By Morgane Abbas
March 31, 2022
Dès le premier jour où j’ai pris mes fonctions de “Head of logistics”, j’ai tenté à maintes reprises de m’esquisser une image du portrait de ce voyage tant attendu. Plus les jours passaient, plus mon imagination était nourrie. Plus les jours passaient, plus l’angoisse de la préparation laissait place à l’excitation du départ. Finalement, plus les jours passaient, plus ce qui n’était qu’un lointain mais ambitieux projet devenait réalité. Pourtant, me voilà une semaine revenue sur les rives de la côte d’Azur, et je peux me permettre d’affirmer avec certitude que les petits moments où je m’autorisais à rêvasser de ce voyage étaient encore loin de ce qui m’attendait. En effet, est-il réellement possible de s’imprégner d’un pays sans avoir touché son sol, respiré son air, goûté à ses délices ? Sans avoir senti son parfum, parlé à sa population et découvert ses paysages ? Pas vraiment. Et puis, ce qui fait sûrement la beauté d’un tel voyage, c’est qu’en réalité, même avec toute l’exactitude avec laquelle mes chers camarades de Babel Initiative et moi-même avons pu l’organiser, c’est peut-être les petits et grands imprévus, les activités décidées sur le tas, les bouts de conversation volés avec les chauffeurs de taxi, les passants, les enfants, les marchands du souk, les serveurs qui on en fait la beauté. En somme, voyager de telle sorte, c’est suivre son programme tout en se laissant guider par les surprises que le vent voyageur a à offrir…
Lundi 28 février: Après une arrivée plutôt musclée à l'aéroport de Tunis-Carthage, il était temps pour ce premier jour de laisser place à la découverte de la belle capitale tunisienne. Ainsi, s’est d’abord naturellement organisée la visite de l’imposante avenue “حبيب بورقيبة ” (“Habib Bourguiba”), d’ailleurs au croisement avec l’avenue «محمد الخامس» (“Mohamed V”), elle aussi grandiose. L’avenue émane de la place du 14 janvier 2011, rebaptisée en hommage à la révolution des printemps arabes (bien que le terme ne fasse pas consensus). Elle est marquée par sa grande horloge et la statue du leader Habiba Bourguiba. Cette rue en elle-même permet d’avoir un important aperçu historique et culturel de la ville. De par son son majestueux théâtre municipal construit au début du siècle dernier et marqué par la forme de ses courbes, ses incalculables cafés et restaurants, ses magasins, ses luxueux hôtels, ses banques et ses arbres alignés qui rappellent dans une certaine mesure l’avenue des Champs-Elysées, cette avenue est un dynamique centre de vie. Plus intéressant encore, elle amène directement sur «ساحة الاستقلال» (“la place de l'indépendance"). Une place pas spécialement grande en superficie, mais qui ne l’empêche pas d’être un concentré de monuments historico-culturels et un passage obligatoire pour quiconque s’affirmant touriste à Tunis. Ainsi, en son plein centre s’érige la statue d’une des plus grandes figures qui fait la fierté du peuple tunisien depuis le quatorzième siècle : le sociologue, philosophe et historien Ibn Khaldoun. On retrouve à ses deux extrémités d’un côté l’ambassade de France en Tunisie, de l’autre, la majestueuse cathédrale Saint Vincent de Paul. Puis, en continuant un peu, nous sommes finalement arrivés sur les souks de la fameuse «مدينة» (“la vieille ville”). C’est donc la que notre balade s’est naturellement poursuivie, et nous avons déniché parmi les petites ruelles un magnifique restaurant, «فندق العطارين» (“funduq al attarin") où nous avons pu goûter pour la première fois aux délices de la cuisine tunisienne. L’après-midi, il s’agissait d'assister à une conférence organisée en partenariat avec le Global Institute 4 transitions avec quatre invités d’honneur: l’historienne Sophie Bessis, le philosophe et anthropologue Youssef Seddik, la journaliste Myriam Belkadhi ainsi que l’écrivain, acteur, réalisateur et metteur en scène Raja Farhat. Cette dernière a eu lieu au sein du magnifique palais «دار الأصرم» (“dar alasram”), absolument époustouflant de par ses luxueuses pièces et ses décorations. Il s’agissait alors, notamment dans le cadre des projets menés par les chercheurs, d’écouter ces quatre invités sur des sujets aussi larges que la place du dialecte tunisien dans la sphère publique et la politique, la pertinence de la notion de “tunisianité” ou encore l’évolution de la place du religieux à travers les générations…
Mardi 1 mars: À une vingtaine de kilomètres de Tunis, nous voilà maintenant à Sidi bou Saïd, un village qui ne laisse aucun voyageur indifférent. En tout cas, c’était sûrement l’un de mes endroits préférés. Malgré le temps qui n’était pas au rendez-vous, il est difficile de ne pas être séduit par cet endroit que l’on surnomme “le petit paradis blanc et bleu”, qui m’a d’ailleurs rappelé dans une certaine mesure la ville montagneuse marocaine de Chefchaouen qui porte les mêmes couleurs. Sidi bou Saïd se situe néanmoins au bord de la mer, et on confondrait presque la couleur des vagues avec celle des murs des habitations, des cafés et des restaurants. Le village offre une dualité de couleurs réellement agréable pour les yeux. Nous avons donc passé une bonne partie de la journée à visiter la demeure du baron Rodolphe d’Erlanger, peintre franco-britannique de renom ayant vécu entre la fin du XIX ème et la première moitié du XXème siècle. Cette dernière est un joyau luxueux qui regroupe des jardins magnifiquement conçus et ornementés, des pièces réhabilitées pour exposer les travaux du peintre, orientaliste et musicologue ainsi qu’une série de salle dédiées à l’exposition d’éléments culturels à l’instar d’une myriade d’instruments de musique issus du monde oriental, certains étant d’une rareté et d’une ancienneté remarquables. Cet impressionnant palais porte finalement le nom de «النجمة الزهرة» (“l’étoile de Vénus") et il fait désormais office de Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM). Également, je peux facilement affirmer que ce mardi fut la journée de découverte gastronomique par excellence. Deux noms s’érigent alors: le «لبلابي» ou “lebalbi” d’un côté, et le «بمبلوني» ou “bambalouni” de l’autre. Le premier est composé principalement de pois-chiches, de pain, de thon et d’épices diverses lorsque le second est un beignet frit et saupoudré de sucre. Je dois avouer avoir eu une petite préférence pour le sucré, car bien que le “leblabi” soit délicieux, je n'étais pas encore habituée au goût très prononcé de la harissa. Pour finir, quoi de mieux que d’apprécier un bon «شاي بالنعنع», un thé à la menthe sur les hauteurs du “café des délices” qui offre à celui qui s’y rend une vue panoramique sur la mer.
Mercredi 2 mars: Les équipes de Babel ainsi que celles de “Shadow Babel (sciencespistes ne faisant pas partie de l’association mais ayant effectué le voyage avec nous) se sont rendues sur le site archéologique de Carthage, qui figure au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis une quarantaine d’années maintenant. Cependant, je n’aurais pas la prétention d’affirmer que nous avons visité l’ensemble du site tant celui-ci est vaste et dispersé. Ainsi, parmi les endroits notables à visiter, on retrouve notamment le quartier Magon, le musée Paléochrétien, les thermes d’Antonin, le Tophet de Salambo, les Villas romaines, le théâtre romain ainsi que l’amphithéâtre. Nous nous sommes principalement attardés sur deux d’entre eux. D’abord, ce que l’on appelle «المنازل الروماني» ou “les villas romaines”: un ensemble de vestiges d’habitations romaines situées aux alentours de la colline de l’Odéon, dont la plus célèbre et la mieux conservée demeure sans hésitation “la villa de la volière”. J’ai trouvé cette partie du site archéologique de Carthage agréable à visiter pour se ressourcer. Cet endroit est un mélange de vestiges, de ruines, de végétations dont une présence remarquable de fleurs jaunes qui semble lui donner une dimension hors du temps et de l’espace. C’est également un endroit qui réserve quelques surprises. Quel fut alors mon étonnement lorsqu’en m'éloignant du groupe quelques minutes et en m’embourbant dans quelques passages étroits, par simple curiosité, je suis tombée par hasard sur une magnifique construction architecturale: la mosquée «مالك ابن أنس» ou la mosquée “Malik Ibn Anas”. Dans un second temps, l’équipe s’est dirigée vers «حمامات أنطونيوس» ou “les thermes d’Antonin” qui constituent un ensemble thermal remarquable de par sa superficie et sa conception, le plus grand du continent africain. Ces thermes, qui datent du IIème siècle après Jésus-Christ, sont le résultat des actions de deux grands empereurs romains : Hadrien et évidemment l'empereur Antonin le Pieux qui a donné son nom au site. Pour finir, les activités sur le tas dont je parlais en introduction, c’est précisément ce que nous avons expérimenté ce mercredi soir. Amira, notre camarade qui a aussi fait office de guide et traductrice pendant le séjour avec Nour, nous informe que l’orchestre national de Carthage donne dans la soirée un concert de musique de films dans le fameux théâtre de l’avenue “Habib Bourguiba” évoqué quelques lignes auparavant. Nous avons donc sauté sur l’occasion et la majorité d’entre nous a passé une soirée fantastique bercée par le son des violons, violoncelles, flûtes, percussions et autres merveilles musicales. L’orchestre, dont j’ai été frappé par la dimension intergénérationnelle, nous a fait voyager au cours de la soirée au sein d’une myriade d’univers tous différents les uns des autres: de Marvel à Harry Potter en passant par Pirate des Caraïbes ou Inspecteur Gadget, il y en avait pour tous les goûts ! Finalement, un moment totalement improvisé qui s’est avéré être l’un des plus savoureux.
Jeudi 3 mars: Si je puis me permettre d’utiliser un mot du jargon des jeunes, la journée du jeudi fut plus “chill” et je n’aurais donc pas autant de contenu à exposer. Bien que le groupe fut plus dispersé, chacun vacant aux occupations qui lui plaisait, une bonne partie d’entre nous n’a pas résisté à la tentation de retourner une seconde fois à Sidi Bou Saïd. Nous nous sommes donc retrouvés au bord de la mer et à notre agréable surprise, nous avons passé l’après-midi à discuter, du moins à essayer de communiquer avec un groupe d’enfants tunisiens qui s’avéraient être présents au même endroit et en même temps. Sans Nour et Amira, la communication fut plus compliquée mais nous avons pu nous immiscer complètement dans le dialecte tunisien sous le rire amusé de la bande de copains. Ensuite, nous nous sommes livrés à une partie géante de volley-ball et je dois dire que l’on s’est bien amusés, même si le niveau de l’écrasante majorité reste à déplorer (camarades, vous pardonnerez mon réalisme parfois cru).
Vendredi 4 mars: Moment unique du voyage: qui dit vendredi dit “Day-trip” avec un guide présent exprès pour nous ! Journée physiquement fatigante certes, mais de loin l’une des plus enrichissantes, puisqu’elle nous a permis de traverser en quelques heures plusieurs endroits iconiques de la Tunisie. Et bien que le bus qui nous attendait 7 heures pétantes ait pu se dresser comme une épreuve infranchissable pour certains au vu des soirées arrosées de la veille, l’expérience n’était pas regrettable. Premier arrêt: la ville de Testour, un exemple flagrant de la manière dont la trajectoire des pays du Maghreb et de l’Espagne ont été intrinsèquement liés au cours de l’histoire. En effet, Testour est une ville andalouse par excellence puisque la ville, telle qu’on la connaît aujourd’hui, a été fondée peu de temps après la Reconquista qui toucha le Sud de l'Espagne au XVème siècle, par une partie des populations musulmane et juive chassée de cette région. C’est donc réellement au XVIIème siècle que la ville a pris forme. Cet héritage andalou et judéo-musulman est clairement visible, notamment via l’unique Grande Mosquée de Testour. Unique pour deux raisons: d’abord, ses aiguilles tournent dans le sens inverse, et ses chiffres sont aussi positionnés dans le sens inverse des horloges classiques. Encore plus surprenant, on y observe clairement deux étoiles de David qui incarne le judaïsme. La symbolique est donc forte et rappelle que les deux religions arrivaient à coexister de manière pacifique et unie. Deuxième moment fort à Testour: la visite de la maison de «حبيبة مسيكة» (“Habiba Msika”), diva tunisienne morte assassinée à 27 ans par son amant Eliahou Mimouni pour des motifs qui demeurent encore flous. Sa maison est maintenant convertie en centre culturel, on y revient notamment sur sa vie, son parcours et sa fin tragique. Après un passage assez bref au souk de Testour, l’activité physique était au rendez-vous puisque nous avons effectué une randonnée improvisée dans la nature au sein de paysages montagneux à quelques dizaines de kilomètres. Il s’agissait principalement de profiter de la verdure que la nature avait à offrir et du déjeuner en plein air que l’agence de voyage nous avait préparé. Puis, dernière activité de la journée mais pas des moindres: la visite de l’époustouflant site archéologique de Dougga. Ce fut ma visite préférée du voyage. Joyau du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997, il se veut à lui tout seul être un mélange harmonieux des héritages civilisationnels carthaginois, numide, romains, libyco-puniques et byzantins. Il est important de souligner que c’est le site archéologique romain le mieux conservé d’Afrique du Nord. Nous étions donc en capacité d’observer les ruines du capitole, des habitations, des bains publics, de l'impressionnant théâtre où se déroulaient les activités culturelles… Cette visite m’a marquée parce que personnellement, je ne pouvais pas m’empêcher d’imaginer toutes ces populations qui se sont succédées, influencées mutuellement, et qui étaient présentes sur ce même territoire où je me trouvais des milliers d’années auparavant, en train de construire l’histoire de la Tunisie.
Cet article ne saurait être complet sans y inclure le retour d’autres membres ayant pris part au voyage…
Lilinaz Hakimi (présidente de Babel Initiative): “Being president of Babel Initiative 2021/2022 was a mix of terrifying , exciting, fascinating, learning on the job and compromising experience. It has been a wonderful year with the team. I think that first of all, on a general basis, the work we did as a board was incredible and exceeded my expectations. As a president, I was a bit unprepared because our previous leaders didn't leave behind much, because of Covid and other restrictions, we didn't really get the association intact. It was kind of dying out and it was our job and our year to fight this association that is the oldest one in Menton campus and history. At first, it was a bit difficult because I think that struggling off with some of the unknown, but having a partner as Leon as a vice-president did make it all better and made it all feel much more manageable. Then, having a team as amazing as the one that we had as a board revived it. The passion, dedication and drive brought by every single member of Babel is what made this year’s trip and this years’ initiative so wonderful. It would not have happened without this. On the other hand, we have our researchers who have been nothing but dedicated to their research. They were here to do on-the-ground research and they took this opportunity seriously. They did a wonderful job while we were in Tunis. For me as a president, I could watch the board take the benefits of being in Tunis after all their hard work and on the other hand, see the researchers exceeding my expectations in the level of dedication and drive. They were committed to what they were doing and they weren’t here just to mess around. Even though I knew the board was amazing, the way that the trip came out, the events we didn't plan, the free day-trip, dinner, the conference… I couldn't have imagined how it would look like until I actually experienced it. It was the work of 30 board members who worked during the whole year. Even during the roughest times having such a team was almost like having a small family, it made it all worth it. I am excited to see what this association does next year and where Babel is going to be taken !”
Amira Zargouni (pôle culturel): “C’était fantastique. Déjà, c’est très rare de faire des voyages universitaires où personne ne se fait cambrioler, où personne ne tombe malade la première semaine. C’était juste des moments magnifiques mais surtout successifs, ce que j’ai adoré. C’est difficile de choisir un moment préféré, mais j’ai adoré voir les yeux de chacun en découvrant une nouvelle nourriture ou un nouveau street-food. Également, un de mes moments préférés était lorsque l'on a tous mangé du “leblabi” à Ould el Bey, au cœur de la Marsa. Tout le monde venait entre deux heures de boulot, et nous nous étions là, tous ensemble en train de manger, c’était incroyable. J’ai été très chanceuse parce que beaucoup de personnes de l’équipe parlent arabe, même s’ils sont encore en train d’apprendre. Je n'étais pas toute seule, il y avait également Nour et ça s'est très bien passé. Cela m’a fait bizarre car d’habitude c’est le vol que je fais toute seule, ou je ne connais personne dans l'avion, alors que là j'étais hyper-bien entourée. Pareil chez moi, cela m’a amusée d’avoir des gens dans ma chambre. Aussi beaucoup de fierté, parce que c’est l’occasion d’être la mini-ambassadrice pour le coup, je vous ai fait faire ce que je fais en un mois, en une semaine.”
Ishan Nathaini (pôle logistique): “Tunis was more than a research trip to me. It was about interacting with locals, imbibing myself into the tunisian culture (getting a tunisian haircut done), and most importantly creating new bonds with some Mentonese people I had never spoken to on campus. Tunisia is a country which felt just like my home country, India, except the signs were in Arabic. Everyone we spoke to was so welcoming, providing us with some really tasty Makloub (a Tunisian specialty) for free as tourists. In summation, it was an experience worth remembering. I can’t wait to go back to Tunisia again, but this time fully immersing into the culture and learning Arabic!”
Virginia Barchiesi (pôle des chercheurs): “Traveling to Tunisia with Babel as a member of the Board has been an extremely enriching and exciting experience. I have been able to learn more about the heritage and the culture of this amazing country through the eyes of our Tunisian board members as well as thanks to the incredible on the ground work of our dedicated team of researchers. From the enchanting ruins of Carthage, to the rooftop sunsets at the Medina and the sweetness of Bambalouni, Tunisia has been a whirlwind of memorable delights. A top highlight for me has been immersing in the local Friday market of Testour. Hearing a language we mostly wouldn’t understand, sharing a glimpse of a daily life so different from what we are used to, yet so similar, a whirlwind of different sensations made me feel completely and fully in that moment in time and place, present. A trip we surely won’t forget.”
Celeste Abourjeili (membre de Shadow babel): “What Babel was doing was super cool and the research projects seemed really interesting. I really appreciated the effort of Babel to include Shadow Babel into the events. Going to the theater was fun and free, which is cool and I think it was nice to be able to join the big group while being able to have a smaller group. Overall, I really loved the experience of Shadow Babel.”
Voilà, je crois avoir déjà beaucoup bavarder. Je rajouterais simplement ces quelques mots. Existerait-il finalement une meilleure sensation que celle de voir se réunir de manière si harmonieuse les efforts, émis pendant plusieurs mois, d’un ensemble d’individualités, qui s’expriment de la manière la plus flagrante et surtout naturelle, au cours d’une semaine petite par la durée mais pourtant si grande par l’expérience ? Parce que oui, je reste intimement persuadée que voyager est l’une des plus belles opportunités que la vie a à offrir, parce que c’est la façon la plus parfaite d’appréhender l’autre comme son parfait égal tout en mettant en valeur sa différence. Voyager, c’est enfreindre la loi de la distance pour embrasser celle de l’humanité. Voyager, c’est aussi apprendre à connaître ses camarades de travail sous un autre angle, en nous rappelant par la même occasion que notre perception de nous-même et des autres est si partielle et petite. En tout cas, si Ibn Battûta disait lui-même que “voyager vous laisse d’abord sans voix, avant de vous transformer en conteur”, j’espère alors avoir pu être à la hauteur de cette maxime.
Je souhaite finalement adresser mes chaleureux remerciements à la présidente de Babel Initiative pour l’année 2021/2022, Lilinaz Hakimi, ainsi qu’au vice-président Leon Oberreiter, qui ont fourni un travail acharné de longue haleine remarquable pour que ce voyage ait lieu ainsi que tous mes autres camarades du board: Nour Chérif, Amira Zargouni, Ecem Olanca, Garance Cointepas, Lucile Bourrin, Nikola Avramovic, Virginia Barchiesi, Ishan Naithani, Wang Di ainsi que Frida Hellen. Ces remerciements s’adressent également à l’ensemble des chercheurs qui se sont investis dans ce projet qui ont rendu cette expérience unique : Aya Abdoh el Marrakchi, Zineb Bel Mahjoubi, Anis Karrakchou, Nadine Zaki, Bianca Carrera Espriu, Ella Mae, Viktoria Iskina, Vasco Queiro, Stanislaw Naklicki, Sienna Bertamini, Markus Vaher, Luca Utterwulghe, Lenora Dsouza, Kareena Maniyar, Benjamin Vitenson, et Alicia Barker Astrom.
