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Le Mouvement en Iran: Un Phénomène à la Mode Pour la Communauté Internationale

By Amalia Heide

November 30, 2022

« Le mouvement tend vers une tendance ». Ce terme, chargé de méfiance, a été employé par Bahar (pseudonyme) pour décrire ses craintes quant à l'avenir du mouvement d'émancipation des femmes en Iran. 


Cette jeune femme iranienne semble alarmée face à l'idée qu'un mouvement qui la touche de si près puisse tout simplement s'évaporer, comme c'est souvent le cas de la plupart des mouvements à vocation humanitaire qui deviennent viraux à l'échelle internationale sur les réseaux sociaux. Les utilisateurs passent d'une obsession fiévreuse et passionnée pour une cause à l'indifférence et à l'oubli. Et tout cela en un clin d'œil. 


La viralisation excessive d'une cause génère donc une saturation et un ennui chez les utilisateurs qui ne sont pas directement concernés. C'est pourquoi, au cours d'une semaine, on assiste à un défilé sans fin de posts sur les réseaux sociaux sur un sujet précis, partagés automatiquement et sans réelle réflexion. La semaine suivante, les mêmes utilisateurs, qui semblaient si engagés, se lassent de voir le même message encore et encore et deviennent obsédés par une autre campagne. 


Mais qu'implique également cette viralisation démesurée ? Elle réduit une réalité très concrète à quelque chose d'abstrait ou de « symbolique », en détournant l'attention des personnes réellement concernées par le problème. C'est pourquoi Bahar a l'impression que les utilisateurs des médias sociaux actuels accordent plus d'attention aux paroles et aux actions des influenceurs occidentaux qu'aux femmes iraniennes, dont la liberté est limitée à son expression minimale par le régime. Même lorsque les actions de ces influenceurs sont plus importantes que le simple partage d'un post, la signification de cette action ne sera pas la même ni aura le même poids que si elle était réalisée par une femme iranienne. Prenez, par exemple, les femmes qui ont rasé leurs cheveux en signe de soutien aux femmes iraniennes. Les implications d'un tel acte ne sont pas les mêmes pour une femme occidentale vivant dans un État de droit que pour une femme iranienne qui met sa vie en danger. Il est vrai, cependant, qu'il s'agit d'une forme de sensibilisation et de faire prendre conscience au plus grand nombre, ce dont Bahar est très reconnaissante. Il est indéniable que l'effet positif est très fort.


Cependant, il faut toujours être conscient des limites de ces campagnes de sensibilisation. Surtout quand, une fois les cheveux coupés par exemple, les influenceurs occidentaux estiment que leur rôle a été fait et passent à un autre sujet pour divertir leurs followers. Ont-elles coupé leurs cheveux pour soutenir une cause noble ou pour créer du sensationnel et des visuels sur leur page ? 


Mais alors, comment pouvons-nous, en tant que membres de la communauté internationale, contribuer à changer cette réalité concrète dans laquelle vivent des millions d'iraniennes ? Selon Bahar, l'essentiel est de s'informer avant de partager sur le sujet et non de publier aléatoirement afin suivre une tendance, surtout pour ne pas laisser une vision occidentale et anti-islamique du problème s'imposer à l'opinion publique. Ce n'est pas la religion musulmane qui génère le problème actuel en Iran, ni le port du voile lui-même, mais la répression autoritaire, violente et systématique d'un régime qui ne permet pas aux femmes de décider du cours de leur vie ni du rapport qu'elles souhaitent entretenir avec la religion. Dans le même temps, les membres de la communauté internationale peuvent aider les femmes iraniennes en faisant pression sur les autorités de l'État afin qu'à leur tour, elles fassent pression sur l'ONU pour que le régime iranien actuel commence à respecter les droits fondamentaux de ses femmes. 



“The movement tends into a trend. Este terme, cargado de recelo, fue utilizado por Bahar (seudónimo) para describir sus miedos con respecto al futuro del movimiento de emancipación de las mujeres en Irán. 


Esta joven irani parece alarmada frente a la posibilidad de que un movimiento que la toca tan de cerca se evapore en el aire, como suele pasar con todos los movimientos de reivindicación social que se viralizan a nivel internacional en las redes sociales. Los usuarios pasan de sentir una obsesión febril y pasional por una causa a la indiferencia y el olvido de la misma. Y todo en un abrir y cerrar de ojos. 


 La viralización excesiva de una causa genera por lo tanto saturación y hastío en los usuarios que no se ven afectados de manera directa. Es por eso que a lo largo de una semana, hay un desfile interminable de publicaciones en las redes sociales sobre un tema específico, compartidas de manera automática y sin una reflexión real. La semana siguiente, los mismos usuarios, que tan comprometidos parecían, se aburren de ver la misma publicación una y otra vez y pasan a obsesionarse con otra causa, volviendo a producirse el mismo proceso. 


Pero que implica además esta viralización excesiva? Se reduce a algo abstracto o “simbólico” una realidad sumamente concreta, quitando el foco de las personas que están verdaderamente implicadas en la problematica. Es por ello que Bahar tiene la impresión de que actualmente los usuarios de las redes sociales le prestan más atención a las palabras y acciones de influencers occidentales que a las mujeres iranies que ven su libertad limitada a su minima expresion por el regimen. Inclusive cuando las acciones de dichos influencers es mas significativa que el simple partage de una publicacion, el significado de dicha accion no va a ser el mismo ni va a tener el mismo peso que si lo hiciera una mujer irani. Tomemos como ejemplo raparse el pelo como muestra de apoyo hacia las mujeres iranies. Las implicaciones de dicha accion no son las mismas para una mujer occidental viviendo en un Estado de derecho que para una mujer irani que pone su vida en peligro al hacer lo mismo. 


Es verdad de todas maneras de que es una forma de spread awarness, algo que agradece Bahar, pero hay que ser conscientes de sus limites. Sobretodo cuando, una vez la mecha de pelo cortada, las influencers occidentales sienten que su parte ya fue hecha y pasan a otro tema para mantener entretenidos a sus seguidores. En el fondo se cortaron el pelo por apoyar una causa justa o para crear sensacionalismo y vizualicaciones en su pagina? 


Pero entonces, como podemos en tanto que miembros de la comunidad internacional contribuir a que esta realidad concreta en la que viven millones de mujeres iranies cambie? Segun Bahar, lo principal es Informarse y luego compartir sobre el tema y no unicamente publicar por seguir una moda. Informarse es esencial, sobretodo para no dejar que una vision occidental y anti-islamica sobre la problematica se imponga en la opinion publica. No es la religion musulmana la que genera problema, ni el port du voile en si, sino la represion autoritaria, violenta y sistematica de un regimen que no da lugar a que las mujeres decidan sobre el curso de sus vidas ni sobre la relacion que desean tener con la religion. A su vez, es importante hacer presion sobre las autoridades estatales para que, a leur tour, estas hagan presion en la ONU para que el regimen irani vigente comience a respetar los derechos fundamentales de sus mujeres. 

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