top of page

Rapport GIEC

By Salomé Greffier

September 27, 2023

« En exigeant que les autres agissent en premier, on s’assure que l’humanité arrive en dernier ». Cette phrase prononcée par Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, à l’occasion de la publication du guide de survie pour la planète du GIEC le 20 mars dernier, tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme concernant le dérèglement climatique.


Depuis près de 40 ans, ce Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Évolution du Climat s’efforce de sensibiliser et de prévenir les sociétés mais aussi les gouvernements du risque encouru par nos actions anthropiques. Selon la communauté scientifique, la marche effrénée vers l’exploitation toujours plus grande des ressources prodiguées par la Terre et ses écosystèmes conduit irrémédiablement notre système à sa perte. Après avoir publié son sixième rapport l’année dernière, celle-ci synthétise les connaissances acquises entre 2015 et 2021, ses causes, ses impacts et les mesures possibles pour l’atténuer et s’y adapter dans l’annonce du 20 mars 2023. Le GIEC réitère et dénonce la lenteur du monde à agir pour s’attaquer à cette crise qui semble devenir inhérente à toutes les autres, réduisant nos chances de limiter le réchauffement à un seuil viable. En effet, l’insuffisance des mesures prises jusqu’à présent n’évitera pas la hausse de température de 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle et se manifestera dès la prochaine décennie. À l’image des manifestations sociales et politiques, la « fenêtre d’opportunité », c'est-à-dire les conditions favorables à l’exercice d’un changement et à l’expression de revendications, se rétrécit et risque de contraindre les sociétés de manière autoritaire et coercitive à des normes écologiques. Nous sommes ici loin de l’idéal prôné par l’ONU en termes de justice sociale et de démocratie.


Dans sa synthèse, la communauté scientifique pointe une fois encore les émissions de CO2 comme responsables du réchauffement et de la multiplication des risques naturels. La liste des menaces comprend notamment la hausse des vagues de chaleur meurtrières, la fonte des glaciers, la hausse du niveau des océans, la réduction de l’accès à l’eau, les inondations, la propagation de maladies et le recul de la production alimentaire. Évidemment, comme susmentionné, ces risques climatiques sont à l’origine de crises socio-politiques et économiques. Si aujourd’hui des milliers de réfugiés climatiques parcourent déjà les routes pour survivre, la Banque mondiale estime leur nombre à 143 millions (soit un pays équivalent à la population de la Russie) d’ici 2050. Ainsi, le dérèglement climatique engage des crises géopolitiques de taille auxquelles les gouvernements doivent se préparer. De même, la famine, conséquence directe de l'assèchement des sols, en Somalie qui frappe plus généralement de plein fouet toute la corne de l’Afrique met en danger des dizaines de milliers de vies, s’appuyant désespérément sur l’aide humanitaire. En Espagne, les incendies provoqués par le réchauffement climatique touchent déjà la région alors que le printemps vient de commencer, sans parler de la crise de l’eau qui semble concerner l’ensemble du globe. Cette liste non exhaustive de phénomènes climatiques actuels souligne l’ampleur de cette menace mise en avant par le GIEC et qui articule finalement tous nos systèmes sociétaux.


De plus, il faut préciser que cette synthèse met en exergue les inégalités dans la responsabilité climatique entre les Etats. En outre, la justice sociale est au cœur des attentes de la communauté scientifique, avec le soutien de l’ONU. Si la moitié de la population vit dans des régions très vulnérables au changement climatique et que le nombre de décès dus aux inondations, aux sécheresses et aux tempêtes y ont été quinze fois plus nombreux que la moyenne, elle regroupe avant tout les sociétés peu émettrices de gaz à effet de serre et les moins préparées aux risques naturels, faute de moyens économiques et politiques. C’est pourquoi, ce 8 avril, à l’initiative du premier ministre de Vanuatu, un pays du sud de l'océan Pacifique, une résolution jugée « historique » a été signée à la Cour Pénale Internationale. L’objectif est de définir les conséquences juridiques pour les Etats qui, par leurs actions ou omissions, ont causé des dommages significatifs au système climatique et à d’autres composantes de l’environnement, notamment à l’égard des Etats insulaires et de leurs peuples. Selon le Costa Rica, cette mesure permettra d’insinuer les gouvernements à intensifier leurs efforts dans la transition énergétique notamment mais aussi de clarifier ce qui adviendra lors d’une éventuelle « mort d’État » suite à la perte d’un territoire, notamment par le phénomène de la montée des eaux. Même si cette résolution n’endosse pas un caractère coercitif, le symbole et la direction que prend la communauté internationale vers une justice climatique laisse espérer au changement.


En ce sens, la synthèse du GIEC propose naturellement des solutions pour tenter de pallier cette situation dramatique parmi lesquelles nous retrouvons la sobriété énergétique, la rénovation énergétique, les mobilités douces (décarbonées), l'agroécologie et la réutilisation d’eau. Pour la communauté scientifique, il importe que chacun puisse contribuer à son échelle afin que le changement advienne plus rapidement qu’aux sommets des Etats. Par conséquent, si vous avez déjà porté un regard sur les affiches placardées dans la gare de Monaco, ce soir ne mangeons pas de hamburger, mais lisons la synthèse de ce rapport du GIEC et agissons !  


Screen Shot 2022-07-23 at 9.40.54 AM.png

The independent student newspaper of Paris Institute of Political Studies, Menton campus.

For inquiries, general comments, concerns, or corrections, contact us at:

mentontimes@gmail.com

© The Menton Times 2025

bottom of page